Comptoir des doux rêveurs : bribes pour une société écologique

Approfondir Écologie

Dans une ambiance chaleureuse au café associatif Boom ce 11 mars 2020, une joyeuse troupe s’afférait à définir les contours d’une écologie inclusive, populaire et ancrée dans le réel. Au travers de ce comptoir des doux rêveurs, il fut abordé notamment la question d’un modèle de société avec l’écologie comme pierre angulaire, mais aussi l’idéologie nécessaire pour propager ce modèle. Comment passer d’une écologie au quotidien à une société écologique ?

Le choix du modèle écologique

Un fois solidement arrimé à notre comptoir, il fut question de déterminer ensemble ce que pourrait être un modèle combinant différentes approches à haut impact social et environnemental, mais aussi répondant à l’exigence d’inclusivité et d’appropriation par toutes et tous.

L’une de nos rêveuses nous a parlé de ses expériences et ses vécus, notamment par rapport au Vélo M2 qui permettent de fournir de l’électricité à des concerts et événements, au travers de vélos auto-construits. Ces vélos ont été conçus dans le cadre de la POC21. De cette germe-là, les rêveurs ont discuté d’un modèle de fonctionnement en open source, c’est-à-dire où les connaissances et les processus sont documentés et ouverts à toutes et tous. Ce modèle, qui trouve son origine dans l’informatique et dans les logiciels libres, gagnerait à se propager et à se combiner avec l’impératif écologique.

Formation Fermenthings pour s'essayer à la fermentation

Pour une écologie inclusive

Dans la veine du partage des connaissances, s’est aussi posée la question de la formation et de l’accessibilité à celle-ci. Si des structures comme la Ferme Delsamme promeuvent l’inclusivité via l’insertion sociale dans leur activité écologique de permaculture, d’autres solutions existent. Même dans le cas de formations payantes, il est possible de rester inclusif : à titre d’exemple, les formations de fermentations Fermenthings coûtent environ 40€, mais sont accessibles gratuitement aux personnes qui investissent de leur temps dans l’amélioration du projet (aide aux préparatifs, sessions de productions test, rédaction de textes et articles, représentation lors d’événements,).

Si ces solutions nous semblaient intéressantes, nous nous sommes posé la question du cadre culturel, politique, idéologique qui permettrait l’émergence et l’adoption massive de ces pratiques.

Penser l’écologie comme une culture

Notre discussion s’est ensuite axée sur trois axes principaux :

  1. Faut-il une action du haut (gouvernement), ou du bas (population) ? Le consensus s’oriente sur la nécessité d’un double mouvement se renforçant mutuellement. Agir sur le politique, mais aussi partir du postulat que ce dernier agencera son agenda dans un champ que les citoyens doivent investir. Comme le souligne Thibault, si les résultats des marches climats ne sont pas toujours évidents, et palpables, il est certain que ces manifestations ont bouleversé l’agenda politique, et permis de sensibiliser une grande partie de la population aux enjeux de l’écologie (et d’agencer l’agenda des politiques sur ces thématiques, à ce jour, nul parti ou force politique ne pourra faire fis de ces revendications).
  2. Pour dépasser le cadre de l’écologie punitive et sacrificielle, il semblait nécessaire à Théo de construire une écologie ancrée dans le réelle et positive, dans le sens d’une force de créatrice et de proposition (mettre en évidence). Ainsi, Il est nécessaire de passer du paradigme de la limitation à l’agir. Il faudrait pouvoir se projeter dans le futur et s’assurer de tout mettre en œuvre pour construire ce monde-là. C’est par exemple l’idéologie prônée par Rob Hopkins pour la construction des villes en transition.
  3. Nous nous sommes posé la question de qu’est-ce que la valeur et est-ce que son désir d’accumulation est inhérent à l’espèce humaine ? Pouvons-nous nous détacher du concept d’accumulation ? La ligne de pensée a été dans le sens que la valeur et l’accumulation de valeur est une donnée indépassable, mais qu’il est possible de moduler la notion de valeur : inclure l’impact social, le don, la générosité, la solidarité, la responsabilité dans cette même notion de valeur, plutôt qu’uniquement le concept monétaire. Cette culture du don même exercé individuellement va influencer aussi les référents culturels de notre société : si on modifie son point de vue sur la question de la valeur, cela influencera la culture collective. Comme le souligne Marie, un individu effectue sa transition sur un ensemble de faits et d’actions, et cela se suit d’une partie plus réflexive, la culture pour l’écologie ne devrait pas séparer l’expérience et la sensation à la réflexivité, l’un et l’autre doivent s’entremêler.

Manuel de Transition de Rob Hopkins

Pour une société écologique

Tout au long de ce comptoir, nous avons essayé modestement de penser l’articulation entre les différentes pratiques individuelles et leurs imbrications avec les pistes de réflexions collective. Est-il possible de dépasser le cadre de l’écologie personnelle pour construire un vivre ensemble écologique ? Dans ce sens, l’une des médiations possible serait la création de villages, de foyers, par exemple d’entrepreneurs, de distributeurs, et de consommateurs, où les citoyens peuvent créer, échanger, s’entraider avec comme régulation sociale, l’écologie et la solidarité. C’est par exemple ce qui se fait déjà au tri postal ainsi que les écuries van de tram. Pour les doux rêveurs, ils nous semblent donc primordial d’ouvrir le champ des possibles, notamment, celui de l’autogestion et de l’imaginaire pour construire la société écologique de demain.

Pour aller plus loin



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